Crédits photos : Audrey Bgt pour La-Brucette.com

[Interview] CoolCoolCool – “Goodnight Cleveland”

CoolCoolCool

  • Prenez deux guitaristes déjantés, un américain (Nick) et un français (Piwi) élevés aux sons de Led Zep, des Stones et d’Harry Nilsson.
  • Ajoutez deux petits Frenchy, habitués de la scène, maîtrisant la basse (Yann) et la batterie (Pilou).
  • Mélangez le tout et saupoudrez d’une bonne dose d’humour et de coolitude. 

Vous obtenez CoolCoolCool !

 

Leur 1er EP “Goodnight Cleveland” est sorti en mars dernier.

 

 

On y retrouve notamment le single “GMTA” :

 

 

Ce samedi 30 novembre, ils passaient au 114 à Paris.

J’en ai profité pour leur poser quelques questions.

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Crédits photos : Audrey Bgt pour La-Brucette.com

 

Comment le groupe s’est-il créé ?

Piwi : Au départ, c’était Nick et moi. Nick est américain. On s’est rencontrés au Cours Florent. On a sympathisé et 6 ans plus tard…

Nick : Oui, on faisait des jams ensemble. Au bout d’un moment, Piwi m’a dit “Je ne serai jamais heureux si je ne me lance pas plus sérieusement dans la musique.”. Moi aussi, je mourais d’envie d’en faire mon métier. Du coup, je lui ai répondu : ‘Félicitations, tu es dans un band !”.

Piwi : Pour les deux qui restent : Yann et moi, on avait déjà joué ensemble et on avait bien accroché. Alors quand on s’est décidé avec Nick, j’ai tout de suite pensé à lui. Pour ne pas qu’il y ait 3 guitaristes, il a proposé de prendre la basse. Il nous a emmené Pilou au passage pour assurer la batterie.

Yann : Piwi m’avait demandé de les conseiller car ils faisaient un live dans l’émission “Au Secours, c’est du live !” de Ouï FM. Je les avais aidés entre autres sur la construction des morceaux.

Piwi : Voilà, je travaille là-bas. Avec les 2 autres animateurs, Dom Kiris et Sacha, on avait décidé pour la 600ème de  faire un live avec nos groupes persos. J’avais demandé à Yann de venir avec potentiellement l’idée de rejoindre le groupe à la basse. C’est ce qui s’est passé et il nous a amenés Pilou.

 

Pourquoi “CoolCoolCool” ? 

Nick : Quand tu cherches un nom de groupe, tu écris tout ce qui se passe par la tête. Et au final, CoolCoolCool, c’était catchy et c’est ce qui nous correspondait le plus.

Pilou : A un moment, on avait pensé à Goodnight Cleveland qui est devenu le nom de l’album mais sur les conseils de Dom Kiris, on a gardé CoolCoolCool et finalement, c’est vrai que ça nous va bien ! Et puis, rien que le nom CoolCoolCool est musical !

Nick : Sinon, on voulait s’appeler Overrated Doors !

Piwi : Oui, on trouve que les Doors sont un groupe vraiment surévalué. Tout le monde les place tout en haut et nous, on trouve qu’ils n’ont pas leur place dans le Top 10.

 

Vous mettriez qui dans ce Top 10 ? 

Piwi : Les Beatles, les Rolling Stones, les Pixies, Led Zeppelin, les Who, Harry Nilsson, Creedence Clearwater Revival, les Beach Boys, Pink Floyd, Jimi Hendrix !

Pilou : Rage Against The Machine et RadioHead !

Yann : Michael Jackson !

Pilou : Mais le top 10 de quoi déjà ? ça  ne veut rien dire ! (rires)

Yann : De toute façon, on a tous les 4 un Top 10 différent… (rires)

 

Crédits photo : Arnaud Perron chez Coffee&TV

 Crédits photo : Arnaud Perron chez Coffee&TV

 

Maintenant, faisons un petit jeu…

Décrivez-moi CoolCoolCool, chacun votre tour et en 1 mot. Bien sûr, il est interdit d’utiliser le mot “Cool” ! :p

Pilou : Ah bah oui, sinon on aurait tous choisi “Cool” et c’était le 4ème qui était dans la merde ! (rires)

Nick : Pour moi, ce serait “Hippie-Love” ou “Love” tout court, parce qu’aussi stupide que ça puisse paraître, la musique, c’est de l’amour ! On n’est pas seulement là pour délivrer du rock brut. La vérité, c’est qu’à la fin de la journée, on veut simplement un câlin.

Piwi : Moi, j’ai “Inespéré”, parce que je me suis toujours comparé aux grands et je ne me suis jamais senti suffisamment à la hauteur pour me lancer dans la musique. Un jour, je me suis mis à la guitare et j’ai rencontré Nick. On s’est dit qu’on allait créer ce groupe et c’était inespéré ! Je n’aurais jamais imaginé pouvoir en faire mon métier.

Yann : Alors, de mon côté, ce sont plutôt deux mots : “Plug & Play”. Je joue aussi dans d’autres groupes et avec eux, j’utilise toujours plein d’effets, de reverb. Là, avec CoolCoolCool, c’est le seul groupe où je branche simplement ma basse et je joue !

Pilou : Ah ben moi du coup, j’ai un seul mot : “Play” (rires). Avec Yann, on a un parcours un peu similaire, on a d’autres groupes avec lesquels on teste des choses plus complexes, plus cérébrales. On avait tous les deux besoin d’un groupe où on ne fait que jouer ! On n’a pas des sons de malade mais on délivre un truc qui vient des tripes !

Piwi : Je suis très très fier que Pilou et Yann aient accepté de nous rejoindre parce qu’avec Nick, on est des vrais amateurs. On n’a aucune idée de ce qu’on fait. Et maintenant, on a un super bassiste en la personne de Yann et on a Pilou qui, à chaque concert, se fait repérer par les professionnels. Heureusement qu’ils sont là, ils sont la colonne vertébrale du groupe !

Pilou : On est très complémentaires. Avec Yann, on vient chercher du cool et du relax et Piwi et Nick, vous venez chercher de la rigueur !

 

Qui fait quoi dans le groupe ? Ecriture, compo, booking, communication… ?

Piwi : C’est assez simple, en fait.

Yann s’occupe de l’organisation des répét’, du planning du groupe et de trouver certaines dates.

Pilou, c’est le bookeur principal, il gère aussi l’administratif et il a très officiellement la place de leader du groupe. C’est lui qui nous fait fermer nos gueules quand on va trop loin !

Nick écrit les chansons. Il est chargé de s’améliorer à la guitare (rires) et il livre des paroles extraordinaires !

Si vous tombez sur une chanson avec des paroles un peu moins bien, c’est que c’est moi qui l’ait écrite. Sinon, je m’occupe de la communication, la page Facebook et de faire le lien avec les professionnels.

 

Et en termes de tempérament ? 

Nick : Moi, je suis plutôt “Hippie-Love” ! Piwi, il a ce côté rock, tu ne peux pas l’arrêter. Il fonce, il envoie !

Pilou : Piwi, c’est celui qui vise les étoiles, il veut de grandes choses pour le groupe. Pour lui, tout est “chanmé” ! C’est un passionné. Et Yann, il incarne le cool…

Piwi : Yann, c’est la sérénité. Il peut y avoir les plus grosses embrouilles du monde, quand on ferme enfin nos gueules, Yann est là avec une blague, un sourire. Si le groupe existe encore aujourd’hui, c’est grâce à lui. Il a fait en sorte qu’on s’entende tous bien.

Pilou : Au final, on arrive à un équilibre.

 

Ce serait quoi la consécration pour le groupe ? 

Tous : Cleveland !

Pourquoi ? Qu’est-ce que Cleveland a de spécial ? 

Piwi : Cleveland, ça vient des années 70. C’est la plaque tournante légendaire des concerts dans le Mid-West, la capitale Rock’n Roll du Mid-West. Il y a un stade gigantesque à Cleveland.

Nick : Aux States, on a les deux côtes Est et Ouest. On a le Sud avec le Texas et le Nord avec Chicago mais au milieu, on n’a pas grand chose donc il faut alimenter le Mid-West. Et pour ça, il y a Cleveland, Ohio. Tous les grands groupes passent par là pour leur tournée. A la fin des concerts, au dernier rappel, ils vont remercier tout le monde, le public et tout. Là, ils finissent en hurlant “Goodnight Cleveland” et ils enchaînent avec leur dernière chanson de la soirée. Nous, on vise les étoiles mais on ne sait pas vraiment où on va tomber mais si c’est dans cette stratosphère, ce serait génial. Cleveland, ce serait l’idéal !

 

Crédits photos : Sarah Desti - www.sarahdesti.com

 

Noël approche… Quel serait le plus beau cadeau du groupe ? Une date ? Une tournée ? 

Piwi : Un label ! Pour enlever de nos épaules beaucoup de choses qu’on ne devrait pas faire nous-mêmes et pour nous permettre de faire plus de musique.

Percer sans label, c’est impossible selon vous ?

Piwi : Si, c’est tout à fait possible. C’est ce qu’a réussi à faire un groupe français comme Inspector Cluzo. Ils font tout eux-mêmes et ce sont des stars au Japon. Ils font même la première partie de Suicidal Tendencies aux US en ce moment !

 

Perdre un peu de contrôle, ça ne vous ennuie pas ?

Pilou : Au final, être dans un label, ce n’est plus ce que c’était avant. En fonction du label dans lequel tu es, ils te font une avance sur tes droits d’auteur. Après, plus tu vends, plus tu prends des tunes (ou alors c’est que tu t’es fait enfler). La différence, c’est que tu vas pouvoir te concentrer sur la musique. Bien sûr, le producteur vient mettre sa patte pour que tu vendes mieux mais surtout le label doit s’occuper de tout le côté marketing, l’envoi aux journalistes, tout ça…

Mon rêve, ce serait de pouvoir tout faire tout seul. J’adorerais mais je n’ai pas forcément les compétences ou le temps. Et puis quand il n’y en a qu’un qui s’occupe de tout, ça crée un déséquilibre dans le groupe.  Quand tu tournes à 4 musiciens, tu as besoin d’un “5ème homme” intelligent qui comprenne ton son pour te guider, orienter ton groupe sinon tu fais n’importe quoi !

Piwi : Après, se faire signer par une major pour qu’on ne s’occupe pas de nous, avec pour seul objectif de ne pas être signé avant par quelqu’un d’autre, non merci !  Moi, je suis prêt à lâcher un peu de contrôle artistique si c’est pour nous mettre dans des conditions où on peut répéter tous les jours et se faire un petit peu d’argent pour se consacrer uniquement à la musique.

 

Du coup, qu’est-ce qui vous manque aujourd’hui pour trouver un label ?

Pilou : Il faut surtout qu’on enregistre nos nouvelles chansons.

Piwi : Il nous manque de l’argent pour presser l’EP en physique. Si on avait plus d’argent, on aurait plus de temps parce qu’on ne serait pas obligés de faire 36 000 jobs à côté. On pourrait se concentrer sur le groupe.

Pilou : On a des chansons qui ont bien tourné et qui doivent être enregistrées. Les gens qui nous écoutent réclament un CD physique…

Piwi : …voire un vinyle ! Par exemple, l’émission “L’EXCESSive Vinyl Session” de Philippe Manoeuvre sur Ouï FM où je bosse, ils veulent bien nous passer mais tant qu’on aura pas pressé de vinyle, c’est mort ! Presser un vinyle, ça coûte entre 80 et 100 €. Or, on est déjà à 3 000 € de dépenses sur le 1er EP et on est un peu au bout de ce qu’on peut injecter financièrement, nous-mêmes. Aujourd’hui, quand on a 100 balles, on préfère les mettre dans des répet’.

 

Crédits photo : Arnaud Perron chez Coffee&TV

Crédits photo : Arnaud Perron chez Coffee&TV

 

Quelles sont vos prochaines actualités ? 

Piwi : On essaye d’organiser une tournée dans le Nord-Nord-Ouest de la France au printemps. Et le gros projet très hypothétique, ce serait une tournée aux Etats-Unis, sur la terre d’origine de Nick.

 

Merci les CoolCoolCool ! 

 

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CoolCoolCool 

Piwi : chant, guitare

Nick : lead guitare, choeur

Yann : basse

Pilou : batterie

Retrouvez leur EP “Goodnight Cleveland” sur iTunes

CoolCoolCool-Goodnight-Cleveland

A lire également : la chronique de l’album “Goodnight Cleveland” sur le site d’indiemusic (que je vous recommande).

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Katie Melua Interview - © Audrey Bongat - www.la-brucette.com

[Interview] Katie Melua – “Ketevan”

Depuis 10 ans, Katie Melua nous berce avec sa voix délicate et ses mélodies douces.

Le 16 septembre dernier, elle publiait un sixième album très personnel intitulé “Ketevan”, en référence à son prénom géorgien.

Produit par Mike Batt, son acolyte de toujours, et Luke Batt, le fils de Mike, le résultat est varié, du blues sensuel de “Shiver and Shake”, à la pop vintage de “Mad, Mad Men” en passant par la ballade avec “I Never Fall”.

 

Jeudi dernier, j’ai eu la chance de rencontrer la plus géorgienne des anglaises…

 

 

Il y a 10 ans, tu sortais ton premier album “Call Off The Search”. Qu’est-ce qui a changé en toi et dans ta musique depuis cet album ? As-tu l’impression d’être une Katie différente de celle que tu étais il y a 10 ans ?

Oui bien sûr ! L’expérience m’a fait changer. Avant, j’avais un peu d’expérience mais tout ce qui m’est arrivé depuis 10 ans a ajouté de nouvelles facettes à mon caractère, en me construisant au fur et à mesure.

En réalité, c’est ma musique qui a le plus changé avec le temps. On apprend tellement, à chaque concert, en jouant avec différents musiciens, avec son propre groupe, à chaque nouvel album, en travaillant avec différents producteurs. J’ai travaillé principalement avec Mike Batt, mais également avec William Orbit. C’est difficile de repérer avec exactitude les changements qui se sont opérés. Le mieux est encore de comparer le premier album « Call Off The Search » avec le dernier album « Ketevan ».

 

Justement, sur ton dernier album « Ketevan », tu sembles plus libre. Tu te dévoiles davantage. Est-ce que c’est ce que tu voulais créer sur cet album ou t’en es-tu aperçue après coup ?

Je n’avais pas fixé d’objectifs pour cet album. J’avais simplement quelques envies. Je voulais vraiment revenir à l’écriture car cela faisait longtemps que je ne m’étais pas prêtée à l’exercice. Je voulais également capturer le côté plus énergique et vocal de ce que je fais sur scène, ce que je n’avais jamais réussi à faire sur un album auparavant. Avec cet album, j’ai vraiment la sensation que nous sommes enfin arrivés à capturer cette énergie. Et bien sûr, je voulais jeter un coup d’œil en arrière, retrouver mes racines géorgiennes, faire mon bilan de ces 10 ans de carrière.

 

Il y a un peu de chacun de tes albums dans « Ketevan » ?

Oui, il me semble et c’est aussi la raison pour laquelle les morceaux sont très différents les uns des autres sur cet album.

 

Katie Melua - Ketevan

 

Tu as débuté grâce à l’aide de Mike Batt, qui est devenu ton binôme d’écriture mais également ton producteur et manager. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Je l’ai rencontré alors que j’étudiais à la BRIT School, une école de musique en Angleterre. Tous les mardis, l’école organisait des auditions. Des professionnels de l’industrie musicale venaient à la recherche de nouveaux talents : musiciens, chanteurs, acteurs…  Mike est venu au début de ma deuxième année. Je venais juste d’apprendre à jouer de la guitare pour accompagner la chanson que j’avais écrite en hommage à Eva Cassidy. Mike est un grand fan d’Eva Cassidy. Cela nous a rapprochés. Je lui ai joué mes chansons et il a été emballé.

Ensuite, il m’a invité chez lui avec ma mère pour écouter ses compositions. J’avais seulement 18 ans. J’ai grandi avec la génération « pop », celle qui a adulé les Spice Girls, Britney Spears… Je n’avais jamais vraiment été exposée à de la musique acoustique ou à des morceaux à la construction plus traditionnelle. Mike nous a présenté des chansons sublimes: « Call Off The Search », « My Aphrodisiac Is You », des morceaux avec une influence très jazz-blues. Nous avons commencé à travailler dans son studio et petit à petit, nous sommes devenus amis et on a réalisé que notre collaboration était productive.

 

Sur cet album, tu travailles également avec le fils de Mike, Luke !

Luke avait 14 ans quand je l’ai rencontré pour la première fois. Il a bien évidemment hérité de connaissances musicales solides par son père mais il a surtout amené son propre univers sur cet album. Il a apporté quelque chose de neuf vu son âge, la génération dans laquelle il a grandi. Nous avons commencé à travailler ensemble sur mon précédent album « Secret Symphony » dont il était l’ingénieur du son. Il est très pointu techniquement. Il apporte une grande attention à la position des microphones par exemple. Il vérifie sans cesse que le son soit bien capturé. Il est vraiment doué.

Alors que nous terminions « Secret Symphony », nous cherchions d’autres titres à insérer sur l’album. Nous en avions un en particulier que nous voulions ajouter. Nous l’avons donné à Luke pour qu’il le mixe, histoire de faire un test. Le résultat était superbe mais le son ne correspondait pas à l’ambiance de « Secret Symphony ». C’était le morceau « Sailing Ships from Heaven ».  Nous avons donc repris ce morceau comme base de l’album « Ketevan ».

Le travail formidable que Luke a fait avec l’album « Secret Symphony » a apporté beaucoup de fraîcheur à la collaboration entre Mike et moi et nous voulions garder cela sur « Ketevan ».

 

C’est une collaboration que l’on retrouvera sur tes prochains albums, ce trio créatif ?

Oui, pourquoi pas ! Ce n’est définitivement pas quelque chose que je peux refuser ! Je suis si fière de l’album. Et l’écriture a été très intéressante. Mike m’y a beaucoup encouragée. Cela s’est avéré plus difficile pour moi que ce à quoi je m’attendais. J’ai mis du temps à apprendre. J’ai travaillé avec Mike et Luke mais j’ai également appris avec Toby Jepson. Ce furent d’excellentes collaborations.

 

Katie Melua - Ketevan © Audrey Bongat - www.la-brucette.com

 

As-tu une chanson préférée sur cet album ?

Non pas vraiment, c’est difficile de choisir ! J’aime « Shiver and Shake », « Love I’m Frightened Of », « I Never Fall »…

 

A ce propos, “I Never Fall” est une chanson particulièrement étonnante. Pourrais-tu en expliquer l’origine?

Cette chanson a été inspirée par deux choses. Tout d’abord, l’année dernière, j’ai découvert chez un ami un tableau représentant une personne au bord de ce qui semblait être une montagne. Le tableau était assez déroutant. On ne savait pas vraiment si la personne tombait ou sautait, quelle était l’histoire de ce personnage. Par ailleurs, je me suis toujours intéressée aux subtilités de langage. Etant bilingue, je m’interroge toujours sur l’origine de certaines expressions, comment elles ont été construites. C’est le cas de l’expression « Tomber amoureux ». Pourquoi dit-on « TOMBER amoureux » ? Cela implique tellement de choses. Je voulais décortiquer cela et jouer avec, linguistiquement parlant. Donc je ne « tombe » pas amoureuse, je « saute » amoureuse !

 

Extrait I Never Fall

 

On retrouve également cette façon de jouer avec les mots dans l’écriture de Mike Batt.

Oui, Mike est fort à ce jeu-là. C’est une façon particulière d’écrire. Toby Jepson m’en a également apprise une autre : ne pas rentrer pas les détails, donner simplement l’impression générale. Ce sont deux manières très différentes d’écrire et je les trouve toutes les deux vraiment passionnantes.

 

Aurais-tu un conseil à donner aux musiciens et artistes qui se lancent et rêvent d’une carrière comme la tienne ?

Quand on me pose cette question, en général je réponds de façon assez dramatique. Pour réussir, il faut se sentir capable de tuer, de sacrifier tout ce que tu as et de te concentrer uniquement sur cet objectif.  Ma réponse s’applique à tous les domaines et pas seulement au fait de devenir artiste. Il y a tellement de personnes talentueuses. Il faut proposer quelque chose d’unique : trouver en quoi les autres ne sont « pas doués », quelque chose que TU fais vraiment bien. Je ne sais pas exactement ce que je fais mieux que les autres, peut-être que je ne fais rien de mieux… Peut-être simplement que ce que je propose est différent et que c’est ce qui encourage les gens à venir vers moi.

 

Depuis le début, tu es sous le label « Dramatico », le label créé par Mike Batt. En quoi ce label t’a-t-il aidé à te lancer ?

C’est vraiment agréable d’être indépendant. Lorsque j’ai commencé, il n’y avait que le bureau de Mike et deux personnes travaillaient pour le label. Maintenant, il y a 13 personnes dans le label. Vu que c’est un petit label, je fais partie de leurs artistes les plus importants. L’attention et le soutien qu’ils me portent constamment sont précieux. Comme il n’y a pas d’actionnaires, pas de conseil d’administration, je collabore directement avec Mike. Je n’ai qu’à lui passer un coup de fil : « Mike, peut-on sortir ce morceau-là en single ? ». Il me dit « oui » ou « non ». Je peux ensuite essayer de le convaincre directement. C’est aussi simple que cela !

 

Katie Melua

 

Selon toi, à quel point un artiste doit-il garder le contrôle sur sa musique ?

Je pense que cela dépend des objectifs de l’artiste.

Dans mon cas, j’ai évidemment le contrôle sur ma musique mais Mike en est tout autant propriétaire de que moi. C’est un duo. Nous apportons autant l’un que l’autre dans le processus créatif.

Pour un artiste ne souhaitant pas partager cette phase avec d’autres, ceux qui aiment avoir un contrôle total, ceux qui ont la conviction que leur message et leur art ne peuvent pas être améliorés grâce à l’aide d’une autre personne, je recommande chaudement de se tourner vers un label indépendant. A contrario, pour ceux qui aiment créer des liens et travailler en équipe, et qui n’ont pas de soucis pour mettre leur égo de côté, alors l’association est la meilleure solution. Quelques-unes des plus belles chansons qui existent ont été créées par des duos ou des trios d’auteurs-compositeurs.

 

Tu te situes donc dans cette deuxième catégorie. Où en serais-tu si tu n’avais pas travaillé avec Mike ?

Je n’en serai pas du tout au même point, je pense. Depuis que je suis toute petite, mon seul objectif est de travailler dans la musique. Je ne savais pas si je deviendrais chanteuse, ou même si je serais sur scène ou en coulisses, si j’allais écrire des chansons, produire ou travailler chez un disquaire. Je pense que si je n’avais pas travaillé avec Mike, je travaillerais malgré tout dans l’industrie musicale. Mais où ? C’est la grande question !

 

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Facebook ? Twitter ?

La page Facebook est gérée par l’entreprise qui s’occupe de mon site Internet. Ils mettent des liens vers tout ce que je fais et reprennent certains de mes tweets. De mon côté, je tweete tout le temps. Parfois, je m’arrête un peu pour éviter d’être sans arrêt dessus. Mais pour moi, Twitter est un moyen d’accéder directement  à mes fans. Certaines semaines, j’ai beaucoup de choses à tweeter, d’autres semaines non. C’est important de ne pas devenir l’esclave de cet outil. Il faut le faire quand on en a envie et si on se sent à l’aise pour écrire, prendre des photos…

 

Katie Melua - Official Twitter

 

Justement, c’est le cas de certains artistes qui ne se sentent pas forcément à l’aise à l’idée de partager leur quotidien par ce biais.

De mon côté, je considère comme un privilège le fait d’être en contact direct avec les gens qui s’intéressent à ma musique. Ils peuvent me poser des questions, c’est instantané ! C’est surtout la première fois dans l’Histoire que l’on est capable de partager autant et aussi vite. C’est excitant d’être au cœur de cette étape majeure de l’évolution technologique. Je me sens très chanceuse de pouvoir profiter de cette révolution.

 

Terminons cette interview par quelques questions un peu plus légères…

En 2006, tu es entrée au Livre Guinness des Records pour avoir joué le concert le plus bas sous le niveau de la mer [-303m]. Quel sera ton prochain record ?

L’autre fois, mon mari regardait cette chaîne de Sports Extrêmes, vous savez, à la « Jackass » !  Il y avait un couple sur une moto et il avait des parachutes sur le dos. Ils ont pris de l’élan avec la moto et ils ont sauté d’une falaise. Les parachutes se sont ouverts. J’adorerais faire ça !

Ah oui, quelque chose de plutôt sportif, voire extrême ?

Je n’ai pas vraiment de hobbies « extrêmes » mais j’ai plutôt tendance à dire « oui » dès qu’on me propose quelque chose de nouveau !

 

Cela tombe plutôt bien car je te propose d’inviter 4 personnalités à dîner chez vous (vivantes ou non)! Qui invites-tu ?

Hum… j’aimerais inviter Beethoven car il a écrit mon morceau de musique préféré de tous les temps : « Moonlight Sonata ». J’ai entendu ce morceau pour la première fois à l’âge de 5 ans et il m’a complètement retournée.  J’aimerais également avoir Oscar Wilde et Cate Blanchett, dans son personnage de Bob Dylan. Elle était incroyable !

Et enfin, j’aimerais convier la « Reine Tamar de Géorgie » qui est l’une des plus importantes figures nationales en Géorgie et l’une des premières femmes à avoir gouverné. Ce qui est étonnant, c’est qu’elle n’était pas appelée « Tamar, la Reine » mais « Tamar, le Roi », d’une part car la société était assez sexiste et d’autre part, parce qu’elle avait énormément de pouvoir.

Cela promet d’être un dîner intéressant…

Oui, je pense que les discussions vont être passionnantes ! (rires)

 

Katie Melua Dinner Interview - La Brucette

 

Merci beaucoup pour ton temps et tes réponses, Katie !

On te retrouve bientôt en concert en France ?

Oui !

J’étais vraiment très déçue de devoir repousser mes concerts en début d’année mais je reviendrai début Décembre pour une série de concerts et je serai à Paris le 2 décembre.

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Retrouvez également Katie Melua sur sa page Facebook, ainsi que sur Twitter !

Vous pouvez également acheter son album ci-dessous :

Interview Katie Melua | La Brucette

Encore une fois, un grand merci à David pour cette interview. ;)

Jamie Cullum à la Villette le 12 septembre

[Live Report] Jamie Cullum à La Villette, 12 septembre 2013

Le 12 septembre, Jamie Cullum était en concert à la Grande Halle de la Villette, à l’occasion du festival “Jazz à la Villette”.

 

Affiche Jazz à la Villette 2013

 

Il venait y présenter son dernier album, “Momentum”, perle d’inventivité qui prouve que Jamie aime s’essayer à tous les styles : jazz, pop, électro… tant qu’il s’amuse.

Mais c’est sur scène que son talent et sa créativité font mouche.

Incroyable performer, il donne tout et séduit par son authenticité. Il est parvenu à faire souffler un vent de liberté dans la salle.

 Jamie Cullum à la Villette le 12 septembre

 

Ne s’imposant aucune setlist, il joue au gré de ses envies, mettant à l’épreuve la mémoire et la réactivité de ses musiciens émérites.

Et le courant passe à la perfection avec son public, tant la musique, l’énergie et l’humour sont délicatement associés.

Pendant un concert de Jamie Cullum, on danse, on rit, on est ébahi, on s’amuse… Et parfois, l’émotion nous envahit lorsque l’homme fait place au virtuose et que sa voix devient caresse.

On en ressort avec l’envie de le revoir le plus rapidement possible.

C’était donc un spectacle à ne pas manquer … mais si vous n’avez pas pu y assister, vous pouvez toujours vous rattraper avec l4’extrait proposé par la Philharmonie de Paris.

Jazz à la Villette. Jamie Cullum,

Concert diffusé sur live.philharmoniedeparis.fr

 

Il sera de retour en France le 30 novembre à Nîmes, le 1er décembre à Cenon (33) puis en Février 2014 avec trois dates déjà annoncées : L’Olympia à Paris le 13 février, Caluire et Cuire (69) le 14 février et Lille le 15 février.